LE MAS DE MOLINES


Les propriétaires privés actuels,  dépourvus d'archives concernant l'histoire de ce mas, avaient à cœur d'ancrer à leur tour leur signature dans l'histoire de ce domaine viticole à la personnalité marquée. C'est un domaine en partie morcelé, dont le jardin du milieu du XIXème siècle est encore intact, mais dont la configuration originelle à été bousculée.

 

Françoise Girerd a réalisé des planches d'étude des particularité de ce mas, afin de faire le lien entre l'indicible d'aujourd'hui et l'utilisation de marqueurs sociaux alors ostentatoires sous le Second Empire.

Dès la fin du XVIIème siècle, ce mas été à la fois une propriété de rapport plantée d'arbres, de blé et de vignes, et un lieu de villégiature champêtre orné d'un beau jardin dont l'usage et la vue étaient réservés aux maîtres des lieux.

Son aménagement a atteint son apothéose au Second Empire, sous l'impulsion d'un richissime banquier.

Le jardin est devenu, sous sa houlette, le marqueur de sa puissance et de sa réussite sociale : grands arbres attirant le regard de loin, jeux de perspective pour allonger artificiellement l'allée d'accès, théâtralisation de l'espace avec de nombreux portails en pierre de taille - le plus spectaculaire marquant l'entrée principale du jardin - présence de statues, d'un bassin, d'une serre... Autant de signes tangibles et silencieux de sa fortune.

Par le dessin, l'artiste a mis en relief le rôle essentiel du jardin dans l'histoire de ce lieu. La connotation de dessins de maîtrise d'œuvre donnée à ces illustrations permet aux occupants actuels de se projeter dans les choix qui auraient pu être faits par Monsieur Molines au XIXème siècle. Forts de ces révélations, ils peuvent à présent mieux arbitrer les modifications qu'ils souhaiteraient éventuellement apporter à la configuration des lieux.